FESTIVAL LETTRES NOMADES  >  LES AUTEURS INVITÉS EN 2019

YAHIA BELASKRI

Algérie

Installé en France depuis les émeutes de 1988, l’écrivain et journaliste algérien Yahia Belaskri, auteur de romans, d’essais, de nouvelles et de nombreux articles sur le dialogue des cultures méditerranéennes, pose un regard critique sur le « grand récit » qui réduit l’identité de son pays à l’arabité et à l’islam. S’il nous plongeait sans complaisance dans la décennie noire avec Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut (Vents d’ailleurs, Prix Ouest France - Étonnants Voyageurs 2011), en évoquant les destins tragiques d’un homme et d’une femme rattrapés par les violences religieuses et le poids de l’histoire algérienne récente, c’est le roman de toutes les premières fois (premier amour, premières folies, premiers combats) qu’il nous présente avec son dernier ouvrage, Le Livre d’Amray (Zulma, 2018), le récit d’une quête à la fois individuelle et collective, entre les blessures et les amertumes accumulées de l’Histoire et la promesse d’une poésie. Une charge puissante et ardente contre tous les intégrismes, un chant vibrant d’amour pour une terre qui n’est jamais nommée, une Algérie rêvée et rendue à la vie.

En résidence du 6 au 11 mai 2019

Bibliographie

Il est l’auteur de romans : Le Livre d’Amray (Zulma, 2018) et, aux éditions Vents d’ailleurs, Les Fils du jour (2014), Une Longue nuit d’absence (2012), Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut (2010, Prix Ouest France - Étonnants Voyageurs) et Le Bus dans la ville (2008). Notons également ses essais Abd el-Kader, le combat et la tolérance (Magellan & Cie, 2016) et Pourquoi Camus ? (ouvrage collectif, Philippe Rey, 2013).

 
 

ROBERTO FERRUCCI

Italie

Comme beaucoup de Vénitiens, Roberto Ferrucci enrage : sa ville natale meurt à petit feu sous les coups de boutoir des paquebots, de leurs coques disproportionnées, de leurs flots de touristes déversés en masse vers le Pont des Soupirs. De sa Sérénissime ville-mère à Saint-Nazaire, son port d’attache, l’écrivain (également journaliste, vidéaste et traducteur) livre alors un combat effréné fait de mots et de harangues à travers les pages virevoltantes de Venise est lagune, un pamphlet construit à l’image de son œuvre,  entre littérature, reportage et récit de voyage. Démarche littéraire qu’il poursuit avec Ces histoires qui arrivent (La Contre Allée, 2017) : tout commence à Lisbonne, un trajet à bord du célèbre tram 28 mène le narrateur au cimetière où est enterré son ami, l’auteur italien Antonio Tabucchi. Avec ce dernier ouvrage, en évoquant leur relation et leur amitié, l’écrivain brosse un portrait intime de l’un des plus grands protagonistes de la culture européenne.

En résidence du 13 au 18 mai 2019

Bibliographie

Notons parmi ses titres traduits en français par Jérôme Nicolas : Ces histoires qui arrivent et Venise est lagune (La Contre Allée, 2017 et 2016) ; Sentiments décisifs (Ebook Feltrinelli, 2013) ; Ça change quoi (Seuil, 2010) ; Sentiments subversifs (Meet, 2010). Il est également le traducteur de Jean-Philippe Toussaint et de Patrick Deville. Journaliste,  il collabore régulièrement au Corriere della Sera  et à son supplément littéraire La Lettura.

 

SIMONETTA GREGGIO

Italie

De romans en nouvelles, les livres de Simonetta Greggio ont un parfum d’Italie… une senteur d’été, d’enfance et de délicieuse mélancolie, suspendue comme un refrain oublié sur la vie de ses personnages. De partitions sentimentales à plusieurs voix (L’homme qui aimait ma femme) en immersions dans les années noires, où crimes, scandales, complots et attentats défilent chapitre après chapitre (Dolce Vita 1959-1979), l'auteur sème délicatement les souvenirs, les sensations, les chansons et les prières de sa terre natale. C’est donc tout naturellement un retour à l’Italie - rayonnante d’art, d’idées et de paradoxes de l’après- guerre - et à sa littérature qu’elle nous propose avec son nouvel ouvrage, Elsa mon amour (Flammarion, 2018), un roman intime et sensuel, l’occasion pour elle de rendre sa vie et sa voix à l’écrivain et poète Elsa Morante, épouse d’Alberto Moravia, femme de lettres au parcours hors du commun, auteur notamment de L’Île d’Arturo (1957, Prix Strega) et de La Storia (1974). 

En résidence du 13 au 18 mai 2019

Bibliographie

Elle est l’'auteur de très nombreux romans et de recueils de nouvelles. Aux éditions Flammarion : Elsa mon amour (2018) ; Femmes de rêve, bananes et framboises (2015) ; L'odeur du figuier (2011) ; Étoiles (2006). Aux éditions Stock : Black Messie (2016, Prix Casanova 2017) ; Les nouveaux monstres 1978-2014 (2014) ; Nina (coécrit avec Frédéric Lenoir, 2013) ; Dolce Vita 1959-1979 (2010) ou encore La douceur des hommes (2005).

 

HALIMA HAMDANE

Maroc

Auteure de plusieurs romans aux éditions Le Grand souffle (L’homme qui voulait voir le lion, 2017 ; Le chaos de la liberté, 2012) et de nombreux contes aux éditions Didier Jeunesse (Moummou et l’Ogresse, 2018 ; Yassir la Chance et autres contes, 2017), Halima Hamdane est née au Maroc où elle a fait des études de lettres. Sa rencontre avec le conteur Henri Gougaud va la réconcilier à la fois avec la mise en voix du récit et avec sa langue maternelle. Dès lors, elle décide d’écrire et de raconter en langues arabe et française, puisant dans la « littérature parlée » de son pays la majorité de ses histoires. Et parce que les contes sont toujours plus beaux dans leur langue originale, l’auteure s’évertue à mélanger langue d’origine et langue d’arrivée pour mieux faire chanter les histoires, s’inspirant ainsi des récits marocains de tradition orale en les restituant dans toute leur poésie, leur force et leur musicalité.

En résidence du 6 au 11 mai 2019

Bibliographie

Elle est l’auteure de contes en versions bilingues (français-arabe) aux éditions Didier Jeunesse : La Bonne Purée (2018), Moummou et l’Ogresse (2018), Mahboul le sage et autres contes marocains (2017), Yassir la chance et autres contes marocains (2017). Notons également ses romans, parus aux éditions Le Grand souffle : L’homme qui voulait voir le lion (2017), Le chaos de la liberté (2014) et Laissez-moi parler ! (2006).

HALA MOHAMMAD

Syrie

Poète et réalisatrice originaire de Lattaquié, Hala Mohammad est l’une des figures majeures de la poésie contemporaine syrienne. Aujourd’hui exilée en France, elle œuvre au sein de l’association Norias pour rapprocher les cultures syrienne et française. « La maison a beaucoup changé après ton départ… » Les mots par lesquels s’ouvre le recueil Prête-moi une fenêtre (Bruno Doucey, 2018) laissent entendre qu’il y a un avant et un après, un ici et un ailleurs. Plus encore, un billet aller qui ne donne à l’exilée que peu d’espoir de retrouver indemne le pays qu’elle a laissé derrière elle. De poème en poème, l’auteure cartographie l’absence et son cortège de chagrins. Une révolution orpheline. La guerre. Les routes de l’exil. Les dures conditions de vie des gens qui ont parfois tout perdu mais qui continuent malgré tout à vivre et à aimer. Armée de sa plume moderne et libre, elle signe ainsi des textes d’une force rare, des recueils poignants et combatifs, hymnes à un art de vivre en véritable défi à la peur.

En résidence du 20 au 25 mai 2019

Bibliographie

Notons parmi ses titres : Prête-moi une fenêtre (éditions Bruno Doucey, 2018), Ce peu de vie (Al Manar, 2016), Le Papillon a dit (éditions Riad al-Rayyes, Liban, 2013), Comme si je frappais à ma porte (éditions Riad al-Rayyes, Liban, 2008), Cette peur (Institut des Études arabes, 2004), Sur cette douce blancheur (Institut des Études arabes, 1998), L’âme n’a pas de mémoire (Ministère de la Culture, 1994).

ALFREDO PITA

Pérou

Né à Celendín, nord andin du Pérou, auteur de romans, de poésies et de nouvelles, Alfredo Pita a également été journaliste dans les années 1980 au cœur de la terreur qui frappait alors son pays. Avec un grand sens du rythme et une maîtrise de l’intrigue digne des meilleurs romanciers noirs, l’auteur nous embarque, avec son roman Le Chasseur  absent (Métaillié, 1999, Prix International Las Dos Orillas), dans une ville de Lima agitée et agressive, façonnant des personnages profonds et attachants dans un décor à la fois terriblement réel et rêvé. Avec Ayacucho (Métaillié, 2018), le roman de la violence péruvienne des années 80 et 90, l’auteur nous installe cette fois dans la ville andine où règne et se répand une odeur de mort pour enquêter sur le « Sentier lumineux » et nous dévoile, dans une prose visuelle et lyrique, l’horreur de ce conflit sourd et silencieux. Avec un sens de la narration subtil et captivant, il y restitue magistralement les complexités de cette guerre sale, rendant un hommage vibrant à ses victimes.

En résidence du 20 au 25 mai 2019

Bibliographie

Citons ses deux romans, publiés aux éditions Métaillié : Ayacucho (2018) et Le Chasseur absent (1999, Prix International Las Dos Orillas). Il est aussi l’auteur de recueils de nouvelles : Y de pronto anochece (1987) et de poésie : Hacia los valles (1967) et Sandalias del viento – Cuadernos secretos de Rafael Devalera (1996). Au Pérou, il a reçu le Prix Poeta Joven et le Prix de la Nouvelle décernée par la revue Caretas.

TIZIANO SCARPA

Italie

Écrivain, poète et dramaturge, Tiziano Scarpa pratique une narration déstructurée, toute en digression et en rupture, créant au passage de délicieux effets comiques. De son écriture précise et acérée, il propose avec Venise est un poisson (Bourgois, 2010) un guide très personnel de sa ville natale, composant une véritable invitation à la découverte et à l'errance où le corps urbain qu'il décortique est de pierre et de sang. Avec lui, on déambule dans l'intimité viscérale, minérale, aquatique de la plus mirifique des cités lagunaires dont les langueurs n'en finissent pas de brasser l'Orient et l'Occident. Avec Stabat Mater (Bourgois, 2011), qui a obtenu le prestigieux Prix Strega, l’auteur évolue vers une écriture chargée d'émotions qui, à travers la musique vivaldienne, s'enrichit de nouveaux rythmes, de nouvelles tonalités et de nouvelles architectures. Son roman est un fabuleux rêve de liberté, une fiction poignante qui est tout autant une enquête qu'un hommage au compositeur de génie qu'il admire depuis son enfance ainsi qu'à ses brillantes interprètes.

 

En résidence du 13 au 18 mai 2019

Bibliographie

Notons ses ouvrages traduits en français et publiés aux éditions Christian Bourgois : L'Œil de vieux (2000) ; Amore (2000) ; Venise est un poisson (2002) et Stabat Mater (Prix Strega, 2011). Il a aussi écrit des essais sur Alberto Savinio et Giorgio Manganelli, travaille avec plusieurs journaux et revues et a publié un petit volume intitulé Une excursion à Venise avec Tiziano Scarpa.

SAMI TCHAK

Togo

Écrivain subversif et engagé, Sami Tchak n’hésite pas à s’attaquer aux conforts, aux certitudes et aux assises de la littérature africaine contemporaine : sa trop bonne conscience, ses réflexes militants, sa nostalgie voilée de la négritude. En 2001, son premier roman publié en France, Place des fêtes, faisait éclater les tabous familiaux et sexuels. Puis l’auteur togolais s’est offert un détour par l’Amérique latine, toile de fond de quatre de ses romans, dont Le Paradis des chiots couronné en 2007 par le prix Kourouma. Avec le roman Al Capone le Malien, inspiré du fameux escroc camerounais Donatien Koagné, il signe son retour aux sources et brosse le portrait fascinant d’une Afrique corrompue, matérialiste et scandaleuse. Dans son dernier livre, Ainsi parlait mon père (Lattès, 2018), il nous propose une introspection en rupture avec ses précédents ouvrages. Il y raconte, dans un texte intime, sensible et puissant « les leçons de forge » qu'il a reçues de son père, nous transmettant à la fois la sagesse paternelle et sa vision du monde.
 

En résidence du 6 au 11 mai 2019

Bibliographie

Notons son dernier titre, publié aux éditions Jean-Claude Lattès en 2018 : Ainsi parlait mon père. Il est l’auteur de six romans : aux éditions Mercure de France Al Capone le Malien (2011), Filles de Mexico (2008), Le Paradis des chiots (2006) et aux éditions Gallimard La Fête des masques (2004), Hermina (2003) et Place des fêtes (2001). Notons aussi parmi ses essais La Couleur de l’écrivain (La Cheminante, 2014).

CAROLE ZALBERG

France

Fille d’une « enfant cachée de la guerre » immigrée en France à l’aube de l’Holocauste, Carole Zalberg tisse une œuvre littéraire empreinte de résilience qui retrace, avec un réalisme vif et une sensible justesse, des trajectoires familiales complexes fissurées par le déracinement et la Shoah. Entre engagement, filiation et émancipation, l’auteure peuple ses récits d’exils et de destins de femmes, questionne les origines et les identités, exhume les indociles fantômes de l’Histoire et témoigne du poids et des méandres de la transmission avec autant d’âpreté que de délicatesse. De l’après-guerre à nos jours et de génération en génération, l’auteure déploie, mêle et confronte à nouveau dans son dernier roman Où vivre (Grasset, 2018) les destinées et les voix d’une famille juive polonaise expatriée en Israël, entre deuils, rêves, attentes et déceptions.

En résidence du 20 au 25 mai 2019

Bibliographie

Notons ses titres : aux éditions du Chemin de fer, Des routes (2018) et L’invention du désir (2010) ; chez Grasset, Où vivre (2018) et Je dansais (2017) ; aux éditions Actes Sud, Feu pour feu (2014), Je suis un arbre (2013), À défaut d’Amérique (2012) ; chez Albin Michel, Et qu'on m'emporte (2009) et La mère horizontale (2008) ; aux éditions Phébus, Mort et Vie de Lili Riviera (2005) et Chez eux (2004).

 
 
 
 
 

Centre littéraire Escales des lettres

11, rue de la Taillerie 62000 ARRAS

Tél. 03 21 71 40 99

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