FESTIVAL LETTRES NOMADES  >  LES AUTEURS INVITÉS EN 2018

SAMANTHA BARENDSON

France - Italie - Espagne

Tout aussi intercontinentale que son œuvre apparaît interpoétique, Samantha Barendson échappe à toutes les définitions : née en Espagne, de père italien et de mère argentine, cette « française d’adoption » (qui a grandi au Mexique) manie tour à tour le vers et la prose, la traduction et le théâtre, l’oralité et le roman. Comme elle, ses textes voyagent d’une langue à une autre, de Cervera à Cortázar et de Paris à Buenos Aires, partageant avec conviction une poésie toujours plus vibrante et vivante, arrosée de rythmes et de jazz (Les délits du corps). Empruntant également les chemins du souvenir pour retracer, de petits riens en essentiels, l’album photo de son existence (Machine arrière) la poète comble enfin, dans un récit de l’intime ponctué de secrets (Mon citronnier), l’absence d’un père disparu trop tôt et les silences de son passé décomposé. Une mémoire familiale que l’auteure exhume et retranscrit avec toute la nostalgie, la frénésie et la sensualité conjuguées d’un poème et d’un tango.

En résidence du 14 au 19 mai 2018

Bibliographie

Notons le roman Mon citronnier (JC Lattès 2017) et les recueils : Machine arrière  (La passe du vent 2017) ; Le citronnier (Le pédalo ivre 2014, Prix René Leynaud) ; Le poème commun (avec Jean de Breyne, Les Lieux-dits 2012) ; Des coquelicots (pré # carré éditeur 2011) ; Los delitos del cuerpo / Les délits du corps (Christophe Chomant éditeur 2011). Elle fait également partie du Syndicat des poètes qui vont mourir un jour. ​

 

STÉPHANE CORCUFF

France - Taïwan

Île fascinante et complexe, tour à tour colonisée par les Portugais, les Espagnols, les Hollandais, tombée sous la coupe de l’Empire mandchou des Quing et gouvernée par le Japon avant d’être cédée à la République de Chine, Taïwan revêt une identité riche et insaisissable. Entre science géopolitique, Histoire et anthropologie, le sinologue et universitaire Stéphane Corcuff creuse, fouille, pénètre et analyse cette société en mouvance et déploie, au fil d’ouvrages académiques, les subtilités de cet État forgé à la confluence de multiples cultures et civilisations. Porté par l’intensité d’une surprenante aventure de voyage, l’auteur transpose avec pudeur et audace son exigeant terrain d’études en espace de création littéraire, personnel et sensible, dévoilant dans un récit hanté d’esprits et de croyances (Une tablette aux ancêtres) les liens indéfectibles qu’il tisse avec l’âme de son «pays d’adoption».

En résidence du 21 au 26 mai 2018

Bibliographie

Outre la publication d’articles et de nombreux travaux d’études en langues chinoise, anglaise et française (Taïwan est-elle une île ? Une insularité en question dans la globalisation, Presses Universitaires de Provence 2018),  ce chercheur de Sciences-Po Lyon, politiste internationaliste et universitaire spécialiste du monde chinois est également l’auteur du récit Une tablette aux ancêtres publié aux éditions de L’Asiathèque en 2015.

 
 

ANANDA DEVI

Île Maurice

Riche d’un métissage culturel et humain, un peu indienne, un peu africaine, un peu européenne, Ananda Devi a fait de son île natale le théâtre    de ses romans : née au milieu des champs de canne à sucre, cette Mauricienne (ethnologue de formation et traductrice) interroge les identités et les langues qui s’y croisent, recompose les univers multiples qui s’y côtoient, pointe le climat étouffant d’un pays cloisonné et porte la parole de ceux dont la voix s’est éteinte dans l’exclusion, l’autodestruction et la brutalité. Tandis que la nouvelliste révèle avec ironie les regards critiques entre Orient, Occident, tradition et modernité à travers L’ambassadeur triste, la poétesse suit avec Ceux du large l’errance tragique des êtres en exil. Une lucidité troublante et une force virulente que la romancière exprime à nouveau dans Manger l’autre : un conte moderne où la fatale obésité d’une jeune fille reflète les excès d’une société en surproduction avide de consommations et de conformités.

En résidence du 28 mai au 2 juin 2018

Bibliographie

Notons son dernier titre publié chez Grasset en 2018 : Manger l’autre. En poésie, chez Bruno Doucey  : Ceux du large (2017) et Quand la nuit consent à me parler (2011). Enfin, aux éditions Gallimard : L'ambassadeur triste (2015) ; Les jours vivants (2013) ; Les hommes qui me parlent (2011) ; Le sari vert (Folio 2011) ; Indian Tango (Folio 2009) ; Ève de ses décombres (2006) ; Soupir  (2002) et Pagli  (2001). 

 

GWENNAËL GAFFRIC

France - Taïwan

Imprégnée de métissage et de diversité (héritage de la genèse d’un pays composite), la littérature taïwanaise s’inscrit dans un véritable laboratoire de l’idiome, oscillant entre les langues austronésiennes, l’hakka, le taïwanais, le chinois mandarin et le japonais. C’est dans cet écosystème polyphonique et fertile que le jeune universitaire Gwennaël Gaffric (traducteur et docteur en études transculturelles) évolue et louvoie, saisissant avec sagacité les innombrables sens et nuances de la prose sinophone contemporaine qu’il s’approprie, interprète et transpose en français pour de nombreuses maisons d’édition. Entre poésie polymorphe intime et nomade (Salsa ), satire sociale initiatique (La guerre des bulles), fable illusionniste au cœur  de Taipei (Le magicien sur la passerelle) et trilogie de science-fiction politico-intergalactique (du romancier Liu Cixin), ce fervent « passeur de verbe » puise dans l’imaginaire des mots pour transmettre un patrimoine d’histoires et un paysage de voix à explorer.

En résidence du 21 au 26 mai 2018

Bibliographie

Notons parmi ses nombreuses traductions françaises de romans, nouvelles, recueils de poésie et bandes dessinées de Taïwan et de Chine : La trilogie de Liu Cixin (Le problème à trois corps, La forêt sombre et un dernier opus à paraître bientôt chez Actes Sud) ; Salsa de Hsia Yu (Circé, 2017) ; La Guerre des bulles de Kao Yi-Feng (Mirobole, 2017) ; Le Magicien sur la passerelle de Ming-yi Wu (L’'Asiathèque, 2017).

KARIM KATTAN

France - Palestine

De Shanghai à Jérusalem, de Gaza à Bombay et de Londres à Kobé, les histoires de Karim Kattan s’écrivent ailleurs, en terre étrangère, hors des frontières ou de l’autre côté. À l’instar de son héritage familial et de sa propre expérience, l’écrivain franco-palestinien (qui signe avec Préliminaires pour un verger futur sa première publication) forge des personnages sur le fil, inexorablement liés à leur pays natal mais suspendus à leurs exils comme au seuil des identités. Dans ses pages concises et intenses la Palestine se conte en toute confidence, guidée par l’amour et la mémoire de trois vies déracinées que l’auteur restitue à la lisière de la fable et de la nouvelle en trois récits tout aussi modernes et politiques que sensibles et poétiques. Nichée avec pudeur au creux de ces existences, la langue maternelle se dévoile également fragile, interdite ou sublimée révélant avec grâce et mélancolie l’essence du nomadisme et l’épopée d’un pays en perpétuels balbutiements.

En résidence du 14 au 19 mai 2018

Bibliographie


Né à Jérusalem en 1989, Karim Kattan vit aujourd’hui entre la France et la Palestine. Fondateur de l’association

El-Atlal (résidence d’écrivains et d’artistes à Jéricho), il est actuellement doctorant en littérature comparée (Université Paris-X). Sa première publication Préliminaires pour un verger futur (recueil de trois nouvelles paru aux éditions Elyzad en 2017) révèle une nouvelle génération d’auteurs palestiniens.

 
 

WALIS NOKAN

France - Taïwan

Issu de l’ancestrale ethnie atayale, le poète taïwanais Walis Nokan grandit près de Taichung, dans la bourgade montagneuse de Mihu, où il rencontre la littérature à l’âge de quinze ans avec une stupéfaction révélatrice. Activiste créatif, investi pour la reconnaissance des autochtones de l’île et des terres austronésiennes, l’écrivain enrichit la scène littéraire de son pays par une production éditoriale engagée dans la presse, l’écriture en prose de récits fabuleux (Les sentiers des rêves) et par le façonnage d’une œuvre poétique tout aussi visionnaire qu’onirique (La montagne rêve) qui atteste avec bienveillance des valeurs et de la destinée des cultures aborigènes (dont il collecte précieusement des fragments de vies et d'Histoire orale). D'une grande solidarité, sa poésie témoigne également d'une présence au monde qui ne se limite pas à sa tribu, ouvrant, entre guerres, frontières et crise écologique la boîte de Pandore de l'Humanité.

En résidence du 21 au 26 mai 2018

Bibliographie

Notons ses textes traduits en français par Gwennaël Gaffric, Marie-Paule Chamayou, Coraline Jortay ou Camille Loivier : Les sentiers des rêves (L'’Asiathèque, 2018) ; Ça, cette pluie de chagrin (dans Taipei, Histoires au coin de la rue, L’'Asiathèque 2017) ; Ours noir ou queue de porcelet (revue Jentayu Hors-série Taïwan ) ; La montagne rêve (Neige d’août, 2015) ; Rentrons dans la tribu ! (revue Missives Sinitudes ).

 

ALFREDO NORIEGA

Équateur

Entre roman noir et polar sociétal, les histoires d’Alfredo Noriega battent au rythme des existences qui défilent et s’entrechoquent avec angoisse dans une ville violente, corrompue, indifférente à l’injustice sociale et meurtrie par une nature hostile et chaotique : Quito. À l’image de son personnage récurrent Arturo Fernandez (médecin légiste, mélancolique et subtil) l’écrivain procède une première fois à l’autopsie de la capitale équatorienne dans les pages de Mourir, la belle affaire, rattachant aux éléments d’une enquête bâclée des destins d’individus inéluctablement frappés par la mort. De personnages en personnages, au fil de séquences courtes et intenses, l’auteur poursuit avec C’est dur de mourir au printemps la construction d’un roman choral explosif et poétique où s’entrelacent des vies croisées par hasard ou par fatalité dans le centre névralgique du Pichincha : une cité bouillonnante que le romancier tisse en canevas entre peur et désarroi, disséquant avec précision son cœur et sa géographie.

En résidence du 28 mai au 2 juin 2018

Bibliographie

Notons aux éditions Onlit : La route d’Orellana (à paraître en sept. 2018) et C’est dur de mourir au printemps (2017, traduit par Alyette Barbier). Mourir, la belle affaire (Ombres noires 2013 et J’ai lu 2015, traduit par Nathalie Lalisse-Delcourt) fait l'objet d'une adaptation au cinéma. Un autre de ses romans De que nada se sabe a déjà été adapté par le réalisateur Víctor Arregui sous le titre Cuando me toque a mí. ​

 

ABDOURAHMAN A. WABERI

France - Djibouti

Éloigné de sa mère-patrie pour un exil "provisoirement définitif", l'auteur Abdourahman A. Waberi se penche sur Djibouti, berceau de son histoire et de son nomadisme, avec autant d’amertume et de nostalgie que de révolte et de lucidité. Intense et plurielle, son œuvre se déploie, de poèmes en nouvelles et d’essais en romans, à la manière d’une fresque palimpseste exaltée et engagée qui dénonce avec âpreté les errances  et les déchirements d’un pays à la dérive dépossédé de son passé et de ses traditions. S’il renverse avec acuité les données géopolitiques du monde dans une allégorie cocasse des frontières, des inégalités et des injustices (Aux Etats-Unis d’Afrique), l’écrivain chemine également dans la spiritualité du verbe esquissant, aux côtés des grands poètes de l’islam, l’authenticité de ces instants d’aurore faits d'éternité, de contemplation et de plénitude (Mon nom est aube).

En résidence du 28 mai au 2 juin 2018

Bibliographie

Notons : Nous habitons à sept minutes du soleil (à paraître chez Guérin). Chez Zulma : Aux Etats- Unis d’Afrique (2017) ; La divine chanson (2015). Chez Gallimard : Transit (2003) ; Balbala (Folio​ 2002) et Rifts, routes, rails (2001). Aux éditions du Rocher : Moisson de crânes (2014); Le pays sans ombre (2000) et Cahier Nomade (1999).

Retenons aussi le recueil de poésie chez Vent d'ailleurs : Mon nom est aube (2016).

 

NINA YARGEKOV

France - Hongrie

Enfant de deux pays, en proie à la dualité de ses origines, Nina Yargekov ausculte, avec autant de tourments et de perplexité que d’acuité et de dérision, les soubresauts de sa binationalité. En véritable « agent double » espiègle et fantasque, l’auteure et traductrice franco-hongroise enquête, démasque, défend et condamne la pluralité des voix qui la traversent et la complexe diversité des individualités qui l’habitent à travers la traque effrénée de son alter ego (Tuer Catherine) et le procès pour deuil de sa prétendue meilleure amie (Vous serez mes témoins). Poursuivant avec un sens toujours plus aigu de la névrose, de l’humour et du panache l’inextricable investigation d’elle-même, la romancière trace avec Double nationalité les péripéties d’une amnésique confrontée à ses deux langues, ses deux passeports, ses deux cultures dans une société en quête de son affiliation identitaire.

En résidence du 14 au 19 mai 2018

Bibliographie

Traductrice et interprète franco- hongroise, cette sociologue de formation est l’auteure de trois romans parus aux éditions P.O.L:

Double nationalité (Prix de Flore 2016) ; Vous serez mes témoins (2011) et Tuer Catherine (2009).

Elle signe également des textes en ouvrages collectifs tel que Y comme Yourcenar publié dans Un livre peut en cacher un autre (l’abécédaire 2014 de Christian Lacroix).

Centre littéraire Escales des lettres

11, rue de la Taillerie 62000 ARRAS

Tél. 03 21 71 40 99

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